3 questions à ...

Jean-Noël Beltzung, XPO Logistics





Jean-Noël Beltzung dirige depuis deux ans la Business Unit Température Dirigée chez XPO Logistics France. Le groupe mondial, présent sur l’ensemble de la chaîne de valeur des métiers de la logistique, est un pionnier de la transformation du secteur.

1. Covid, Brexit, confinements, vaccins : depuis un an, nous vivons une année mouvementée, cela a-t-il eu un impact sur votre activité ? et sur la filière logistique du froid ?

Pour le groupe, l’année a en effet été mouvementée, comme pour beaucoup. Toutes activités confondues, et alors que nous avons eu une vingtaine de sites à l’arrêt, totalement ou partiellement, lors du premier confinement, notre chiffre d’affaires ne s’est finalement contracté que de 6,5 %. La diversité de nos secteurs d’activités a permis de conserver un certain équilibre. Notre activité e-commerce a par exemple progressé de 20%.
En parallèle, l’activité de température dirigée a connu dès le premier confinement une envolée des volumes, en particulier sur les formats de proximité. Cela n’a cependant pas totalement compensé la baisse de notre activité en restauration hors-domicile, là où le recul a été le plus marqué. Au final, nous en sortons plutôt bien avec un recul très minime par rapport à 2019.
Humainement, j’ai surtout été impressionné par nos collaborateurs, qui ont été exemplaires. Nous pouvons leur tirer un grand coup de chapeau et leur dire merci. Finalement, nous avons été bien plus résilients que ce que nous aurions pu imaginer.

2. Quelles sont les perspectives de transformation pour la filière ?

Le confinement aura été un moment charnière qui va accélérer les transformations de notre secteur. Il y aura « un avant, et un après ». Le e-commerce se développe, y compris pour la Température Dirigée.
De manière générale, les flux s’accélèrent, notre profession dispose de moins en moins de temps pour réaliser des prestations de service toujours plus exigeantes, tout en intégrant de nouvelles contraintes environnementales et règlementaires. Nous devons donc en permanence innover pour gagner en efficacité et en réactivité, nous digitaliser, intégrer de nouvelles technologies.
Les nouvelles technologies comprennent aussi le développement de matériels ergonomiques, de solutions mécanisées pour les entrepôts. Elles ont fait leurs preuves et sont compatibles avec nos environnements froids.
Et pour accompagner toutes ces transformations, n’oublions pas les femmes et les hommes, nous pouvons disposer des plus beaux entrepôts, des camions les plus récents et des meilleurs outils informatiques du monde, sans le savoir faire des femmes et des hommes cela ne fonctionne pas.
Nous devons les accompagner dans ces projets, intégrer de nouveaux arrivants et soulager à chaque fois que c’est possible la pénibilité. Les métiers de préparateurs, caristes, conducteurs en environnement froid ont bien démontré combien ils étaient importants ces derniers mois !
 

3. Pourquoi s’investir au sein de LA CHAINE LOGISTIQUE DU FROID ? Vous êtes notamment présent au CA, est-ce important pour vous ?

Le froid est un univers contraignant, un métier dans le métier ! Nous devons travailler collectivement à le rendre attractif, à la fois pour les métiers essentiels de la manutention, de la livraison, du management et pour attirer les jeunes diplômés qui accompagneront les innovations de demain. LA CHAÎNE LOGISTIQUE DU FROID doit nous permettre de faire reconnaître notre profession.
Nous avons de belles choses à faire valoir. La logistique est un métier de passion, dans lequel les professionnels vivent et pensent « froid ». Nous sommes un secteur qui recrute, et qui permet l’ascenseur social.
LA CHAÎNE LOGISTIQUE DU FROID donne aussi l’opportunité d’échanger avec nos pairs, pour parler d’une seule voix pour faire bouger les lignes, développer notre attractivité et engager des dialogues constructifs avec l’amont et l’aval du secteur.